Les failles de la prise en charge du diabète en France

A l’occasion de la journée mondiale du diabète, le 10 novembre dernier, le BEH a publié les données croisées du SNIIRAM, du PMSI et du registre d’information en néphrologie sur les complications du diabète en France.

En 2013, il y avait 3 millions de diabétiques traités, soit 4,7% de la population. Nous disposons de données sur les hospitalisations pour les principales complications du diabète mais d’aucune information sur la rétinopathie diabétique puisqu’elle n’est pas à l’origine d’hospitalisation.

Plusieurs points ressortent de ces données. D’abord, il y a encore beaucoup trop de complications sévères pourtant évitables avec des soins optimaux.

Ainsi, le Dr Hansel a retenu 4 chiffres :

4000 : c’est le nombre de patients qui ont justifié le début d’un traitement par dialyse pour IR terminale (en 2013)

8000 : le nombre de patients amputés aux membres inférieurs

12 000 : le nombre de patients hospitalisés pour un IDM

16 000 : le nombre de patients qui ont fait un AVC

Les risques de faire ces événements sont de 2 à 9 fois plus élevés que dans la population non diabétique.

L’évolution de l’incidence de ces complications est restée stable entre 2010 et 2013, voire même en augmentation : les hospitalisations pour plaies du pied ont augmenté, de même que l’incidence de l’insuffisance rénale terminale. Mais attention l’interprétation est complexe car on parle aussi bien ici des hospitalisations  que des mises en dialyse.

Même si ces évolutions péjoratives doivent être interprétées avec précaution, force est de constater qu’aucun des chiffres du BEH n’est en faveur d’une baisse des complications du diabète. Il y a  donc pas mal de failles dans notre système de prise en charge du diabète. Lesquelles ? Le Dr Hansel suggère 4 insuffisances :

-Le retard au diagnostic : 30% des patients ont déjà des complications quand on fait le diagnostic de diabète, il y a donc un retard d’au moins 10 ans,

-Le suivi de l’équilibre glycémique et des complications progresse mais il reste insuffisant : seulement 51 % des patients ont les 3 dosages annuels recommandés d’HbA1c en 2013,

-Les recommandations pour la prise en charge du diabète ne sont pas suffisamment appliquées pour l’équilibre glycémique et pour la prévention des facteurs de risque cardio-vasculaires (tous les diabétiques ne sont pas sous statine, IEC…),

-L’observance au traitement des maladies chroniques et notamment du diabète n’est pas optimale. On estime en effet que 50% des patients ne prennent pas correctement leur traitement.

Face à ces constats, que pouvons-nous faire ? Le Dr Hansel propose 4 pistes.

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