Communiqué de presse 4/08/2015

Paris, le 04  août 2015

Communiqué de presse : Maladies cardio-vasculaires et obésité : des liens surprenants

obesite et maladies cardiovasculaires

Une équipe internationale de chercheurs coordonnée par des médecins français de l’AP-HP, de l’Université Paris Diderot et de l’INSERM, le Pr Gabriel Steg, du service de cardiologie et le Dr Boris Hansel, du service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition de l’hôpital Bichat Claude Bernard (AP-HP) vient de démontrer que sur des personnes qui ont un cœur ou des artères malades, l’obésité ne semble pas augmenter le risque cardiovasculaire alors que la maigreur est de très mauvais pronostic.Ces résultats ont été publiés dans la revue internationale European Heart Journal1 le 4 août 2015 :L’étude a été menée dans le monde entier auprès de plus de 54 000 patients à haut risque cardiovasculaire issus du registre internationale REACH2 répartis selon leur corpulence évaluée par l’indice de masse corporelle (IMC). La recherche a consisté à analyser l’incidence des décès et des accidents cardiovasculaires en fonction de l’IMC.

L’étude révèle que chez des personnes malades du cœur ou des artères, le surpoids et l’obésité ne sont pas associés à une augmentation du risque d’infarctus ou d’AVC. Au contraire, l’excès de poids apparaît comme protecteur et la maigreur comme dangereuse. Le risque de décès, par rapport aux personnes de poids normal, est multiplié par deux chez les personnes maigres alors qu’il est réduit de 22% chez les personnes en surpoids, de 28% chez celles en obésité modérée et de 37% chez celles en obésité sévère. C’est le paradoxe de l’obésité.

Dans REACH, les patients obèses reçoivent, plus souvent que les autres, les traitements recommandés dans la prévention cardiovasculaire. Cela pourrait donc expliquer un risque diminué d’événements cardiovasculaires chez ces personnes qui sont mieux protégés grâce aux médicaments. Mais l’analyse du sous-groupe des patients recevant le traitement médicamenteux optimal ne modifie pas les résultats : le paradoxe de l’obésité persiste ! Cela écarte « l’hypothèse des obèses mieux traités et donc mieux protégés ».

Pour le Dr Boris HANSEL, ces résultats ont des implications pratiques : « Chez des personnes qui sont malades de leurs artères, l’IMC ne semble pas être un bon indicateur pour présumer de la survenue future d’un infarctus ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Parmi les patients obèses, certains ont manifestement un excès de graisse corporelle qui n’est pas délétère pour la santé de leurs artères.  Nous devons donc analyser plus en profondeur la signification de l’IMC chez chacun de nos patients : un IMC normal ne doit pas faussement rassurer. Inversement, un excès pondéral même important ne suffit pas à considérer une personne comme particulièrement exposée à l’infarctus ou à l’AVC. Il serait utile de pouvoir distinguer chez une personne donnée, la bonne de la mauvaise graisse corporelle. Ces résultats nous encouragent à poursuivre l’étude des mécanismes propres à l’obésité, les recherches sur le métabolisme et l’analyse des différentes sortes de graisses corporelles.»

Le Dr HANSEL précise : « Notre étude concerne des patients déjà cardiaques ou malades de leurs artères. On ne peut pas extrapoler nos conclusions aux personnes qui ont un cœur sain et des artères saines : la lutte contre l’excès pondéral reste une priorité médicale pour prévenir les maladies cardiovasculaires.»

Références :

1 Cardiovascular risk in relation to body mass index and use of evidence-based preventive medications in patients with or at risk of atherothrombosis Boris Hansel, Ronan Roussel, Yedid Elbez, Michel Marre, Michel Krempf, Yasuo Ikeda, Kim A. Eagle, Moses Elisaf, Deepak L. Bhatt, and Ph Gabriel Steg, on Behalf of the REACH Registry Investigators. Eur Heart J

2 À propos de REACH : REACH (REduction of Atherothrombosis for Continued Health trial) est un registre international constitué de plus de 67 000 patients à haut risque cardiovasculaire. Les sujets ont été recrutés en 2004 dans 5473 centres répartis dans 44 pays et suivis jusqu’en 2008. L’objectif de ce registre était de décrire les caractéristiques et la prise en charge des patients exposés à un risque élevé d’athérothrombose. En France, le professeur Gabriel STEG est l’investigateur principal du registre.

Contact chercheur :

Dr Boris Hansel, service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition, hôpital Bichat Claude Bernard : boris.hansel@aphp.fr

 

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